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une
ville jadis couverte de bois
Autrefois, le territoire de la ville des Lilas était couvert
de champs, de vergers, de vignes et de bois, principalement de lilas
et de bouleaux. Au 18e siècle, on n’y trouve encore aucune
habitation. A cette époque, la carte des chasses ne fait
mention que d’un seul lieu-dit: “les Brières”
à Bagnolet.
L’axe central du développement urbain des Lilas, la route
de Paris par Belleville à Romainville existe déjà
en 1740. Deux châteaux se partagent alors une bonne partie
du territoire: le “château des Bruyères”,
habité en son temps par la famille de Rohan-Chabot, détruit
en 1760, et le “château de Romainville”, propriété
du Maréchal de Ségur.
Le plan de 1780 indique le “bois des bouleaux” sur une
zone comprise entre Pantin, Belleville, Bagnolet, Romainville. À
partir de 1780 s’étendent Belleville et, plus haut,
La Courtille, annexés à Paris.
De 1810 à 1845, le bois des Bouleaux, devenu bois de Romainville,
devient une promenade à la mode, célébrée
par Paul de Kock. Les parisiens en manque de verdure viennent y
promener leurs conquêtes, leur faire goûter le petit
"gris de Bagnolet", danser à "la Poule Russe"...
et se perdre dans le bois. Le plus célèbre de ces
parisiens est le romancier populaire Paul de Kock, qui, tombé
sous le charme, y fera construire une résidence.
Très vite, le bois diminue, au profit de constructions. Le lieu
passe en trente ans de trois maisons en 1820, à 300 demeures bâties...
et une trentaine de débits de boisson en 1858. Chaque commune intervient
sur son territoire sans concertation avec les autres. Aussi les
300 propriétaires (pour 2000 habitants…) se syndiquent afin d’être
traités de la même façon sur un territoire qu’ils jugent commun.
Ils envoient le 20 février 1859 une pétition au baron Lepic, sous-préfet
de l’arrondissement de st Denis, demandant la création d’une municipalité
autonome qui s’appelllerait “Le bois de Romainville”. Les communes
alentour, rejointes par Le Pré-Saint-Gervais s’y opposent, mais
la mairie de Romainville tombe aux mains de Guérin Delaroche, propriétaire
dans ledit bois. Sa municipalité (majoritaire territorialement dans
le projet) vote pour la création d’une commune: Napoléon le Bois.
la
naissance d’une commune
Le développement commercial et culturel de la ville, le
manque d’écoles concourrent à envisager une autonomie
propre du bois de Romainville. Le 28 juin 1867, le corps législatif
adopte le projet de création des “Lilas”, commune
formée de territoires distraits des communes de Pantin, Romainville
et Bagnolet, lesquelles constituaient, avant la Révolution,
des municipalités de la Généralité de
l’Élection de Paris, et des paroisses du doyenné de
Chelles.
Le 9 juillet, le Sénat accepte la promulgation de la loi. Le 24
juillet, au nom de Napoléon III, est promulguée la loi créant la
commune, 71e du département de la Seine. Guérin Delaroche qui s’est
désisté de ses fonctions de maire de Romainville est nommé maire
des Lilas par décret impérial du 5 octobre, en même temps que les
membres du nouveau conseil municipal dont la réunion à lieu le 27.
«De 1867 à 1893, [Les Lilas sont une] commune de l’arrondissement
de Saint-Denis et du canton de Pantin. Maintenue à ce canton par
la loi du 12 avril 1893.»*
A la fin du XIXe siècle, les petites entreprises se multiplient.
Parmi les manufactures les plus importantes, la maison Patrelle
commercialisera le “savon des Brières” et “l’arôme
Patrelle”, rondelles d’oignons qui parfumaient les potages,
plusieurs usines de caoutchouc, l’entreprise de celluloïd Petitcolin...
La rue de Paris, desservie dès 1898 par des omnibus en provenance
de la capitale voisine, déjà envahie par une multitude
d’épiceries-buvettes, devient très commerçante
et adoptera le surnom de “grande artère du pays”.
En 1908, on relève aux Lilas les noms de seize épiceries,
trois grainetiers, neuf boucheries (dont la boucherie Lebœuf),
neuf boulangeries...
En 1914, on compte 14 000 habitants dans la commune, près
de 20 000 entre les deux guerres. Le patrimoine architectural de
cette époque est encore visible dans la ville: l’hôtel
de ville républicain rue de Paris (Charles Héneux,
1883-1884, peinture de Jean-Léon Gérôme), la
salle des fêtes à l’angle des rues Waldeck-Rousseau
et Paul de Kock, (Léopold Bévières, 1903-1905,
plafonds peints de Victor Tardieu, 1908), le Fort de Romainville
(1870), l’hôtel d’Anglemont, la Cité-Jardin.
La Deuxième Guerre mondiale touche dûrement la ville
comme en témoignent les nombreuses plaques apposées
à la mémoire des résistants.
Après la seconde guerre mondiale, la ville connaît
une époque de développement économique, crée
des équipements culturels, sportifs (gymnase Liberté,
rue de Paris, en 1936) et scolaires. Le métro remplace petit
à petit le tramway et la station Mairie des Lilas est inaugurée
en 1937.
Les Lilas
d’aujourd’hui
Le secteur tertiaire constitue aujourd’hui la plus grande part
de l’activité économique des Lilas. Malgré une baisse d’activité,
notamment depuis le milieu des années 80, les commerces mènent
toujours bon train. Le marché, tenu le mercredi et le dimanche,
connaît toujours une forte activité, rejoint depuis peu par le marché
bio du vendredi après-midi..
Les parisiens redécouvrent le charme des petits pavillons de banlieue,
des habitats modernes de petite et de grande échelles voient le
jour, une zone d’activités commerciales est actuellement en construction
dans le centre ville, les espaces verts se redéploient, la vie culturelle
se développe, le métro pourrait se prolonger, le périphérique
se couvrira bientôt... Tout semble prêt pour que Les Lilas retrouvent
leur fraîcheur et que les habitants fassent à nouveau plus qu’y
dormir...
* source: État des Communes,
1901
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