jeudi 08 novembre

Un plan d'action pour la sécurité et la tranquillité publiques aux Lilas

Quoiqu'inférieur à la moyenne régionale et très inférieur à la moyenne départementale, le taux des faits de délinquance constatés aux Lilas n'en demeure pas moins préoccupant. L'actualité récente, la rixe qui a occasionné aux Lilas le décès d'un jeune Bagnoletais de treize ans, met notamment en lumière le phénomène de la grande violence en bandes et sans motifs sérieux perpétrée par de jeunes mineurs. Contrairement à certains territoires où la délinquance est durablement enracinée dans des « zones de non droit », le phénomène peut et doit être enrayé dans notre commune. C'est pourquoi, sans renoncer à continuer à réclamer des moyens de police et de justice à l'Etat, la municipalité entend renforcer son action dans le domaine de la prévention et de la lutte contre la délinquance en adoptant deux mesures : la création d'un Conseil local de la sécurité et de la prévention de la délinquance (CLSPD) et l'instauration de la vidéoprotection aux Lilas.

 

LA VIDEOPROTECTION UN OUTIL AU SERVICE DE LA SECURITE PUBLIQUE

Sur proposition du maire, le Conseil municipal du 7 novembre a voté pour l'installation d'un système de vidéoprotection sur la ville. Un outil qui ne suffira pas à lui seul à régler tous les problèmes mais qui sera une aide précieuse pour la protection des biens et des personnes.

 

Il y a 10 ans, après de nombreux débats, un système a été expérimenté sur 3 sites des Lilas. A l'époque, la municipalité craignait qu'une installation massive de caméras ne serve de prétexte à l'État pour diminuer la présence policière aux Lilas. Force est de
constater que les effectifs du commissariat de police se sont fortement réduits. De plus, la technique a évolué, les mentalités également.

Un outil de sécurisation et de prévention

La vidéoprotection est un outil au service de la politique de sécurité et de prévention de la ville. Elle permettra de protéger les personnes et les biens dans des lieux particulièrement exposés à des risques d'agression, de vol, de trafics divers. Elle protègera
les bâtiments et installations publics et leurs abords. Elle sera un outil de dissuasion, d'investigation et d'appui aux interventions des forces de l'ordre. Elle pourra aussi servir à constater des infractions aux règles de circulation et de stationnement. Un diagnostic sécurité va être lancé pour étudier les lieux et le nombre de caméras qui seront installées. Du nombre dépendra le coût de l'opération, qui sera quoi qu'il en soit élevé. La Ville demandera à l'État de contribuer au financement. Un dossier sera
déposé en Préfecture et passera en commission pour obtenir l'autorisation d'installation.

Un centre de supervision

Les stockeurs, les écrans et les personnels seront installés dans un centre de supervision urbain répondant à toutes les normes de sécurité. Ce centre sera situé dans les locaux de la Police municipale. Un cadre juridique clair La Ville se conformera naturellement à la loi, très précise, notamment quant au respect des libertés. Pour garantir l'information, des panneaux signalant
que la ville est placée sous vidéoprotection seront placés en entrée de ville. La loi n'autorise la conservation des images que pendant un mois maximum. Seules la Police municipale, la Police nationale ou une autorité judiciaire peuvent y avoir accès. Un
brouillage logiciel est paramétré sur toutes les caméras afin de masquer automatiquement les espaces privés.

 

Un comité d'éthique pour veiller au respect des libertés publiques
Le premier contrôle du système est celui réalisé par la commission départementale au moment de l'installation. Mais la Ville souhaite aussi créer un Comité d'éthique et d'évaluation chargé de s'assurer du respect des libertés publiques fondamentales, d'informer les citoyens des conditions d'utilisation, de recevoir leurs doléances, d'évaluer l'efficacité du système, de faire des recommandations sur son fonctionnement et son impact. Il sera composé de membres du Conseil municipal, de personnalités compétentes dans le domaine de la sécurité publique, de représentants issus d'associations et d'organismes locaux.

 

CREATION D'UN CONSEIL LOCAL DE SECURITE ET DE PREVENTION DE LA DELINQUANCE 

Le Maire a annoncé la création d'un Conseil local de sécurité et de Prévention de la Délinquance (CLSPD), un outil pour mieux cibler et coordonner les actions de prévention. Il y a plus d'une dizaine d'années, un CLSPD intercommunal avait été mis en place : il n'a jamais fonctionné car chaque ville rencontre des problèmes différents et la bonne échelle est celle de la commune.

Le CLSPD est un outil dont le principal objectif est de coordonner tous les intervenants en matière de sécurité et de prévention. Présidé par le Maire, il réunira le représentant du Préfet et du Procureur de la République, les services sociaux départementaux, la Commissaire, des représentants de l'Éducation nationale (principale du collège, proviseure du lycée, DASEN, directeurs d'écoles...), des représentants d'associations de quartier, de locataires, de parents d'élèves, des bailleurs… Un arrêté du Maire fixera la composition précise et exhaustive de cette instance.

4 axes de travail

Le CLSPD travaillera sur 4 thèmes : les jeunes exposés à la délinquance, la prévention et l'aide aux victimes des violences faites aux femmes et des violences intra familiales, l'amélioration de la tranquillité publique, la lutte contre la radicalisation. L'essentiel du travail s'effectuera dans des groupes de travail plus restreints que les sessions plénières. Comme l'on pourra, si nécessaire, y traiter de cas individuels, chaque membre devra signer une charte de confidentialité.

Coordonner les actions

Un diagnostic de sécurité va être réalisé dans un premier temps. Le Maire a par ailleurs sollicité la Mission Métropolitaine de prévention des conduites à risques pour entamer une formation de tous les agents du Pôle jeunesse et d'autres services ou acteurs de la ville, sur le phénomène des bandes. Parallèlement, le travail en commun avec les villes voisines s'intensifie. En juin dernier, la Ville a organisé 3 réunions réunissant les futurs partenaires du CLSPD pour traiter spécifiquement les questions touchant aux problèmes rencontrés au lycée, aux Bruyères, au quartier des Sentes. Tous les participants avaient convenu que le principal souci était l'insuffisance de la coordination entre les acteurs. Le CLSPD est un outil pour y remédier.



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