SIFFLET@CCJC-750x500px

La Sarabande des lucioles · exposition du 3/10 2025 au 3/01 2026

Avec Lou Fauroux, Anne-Charlotte Finel, Romuald Jandolo, Daniel Otero Torres, Russell Perkins, Émilie Pitoiset, Sonia Saroya & Edouard Sufrin, Andréa Spartà, Rozy Tergemina Sapelkine

Lorsqu’elle apparaît en Espagne à la fin du XVIe siècle, la sarabande est une danse chantée, vive, endiablée. Interdite par l’Inquisition puis exportée dans les cours baroques, elle s’est drastiquement assagie, vidée de ses paroles lascives et de sa joie populaire. La nouvelle exposition du Centre culturel Jean-Cocteau associe la sarabande à l’image fragile des lucioles qui, elles aussi, pullulaient joyeusement dans les campagnes pour progressivement disparaître, comme le regrettait déjà le poète Pier Paolo Pasolini dans un article publié en 1975. Pour lui, ces insectes étincelants symbolisent les contrepouvoirs qui tentent de résister face aux « féroces » lumières d’un capitalisme tout-puissant qui explosa après la Révolution industrielle. En 2009, le philosophe Georges Didi-Huberman revient sur le texte de Pasolini dans son livre La Survivance des Lucioles, apportant une lueur d’espoir : « Les lucioles n’ont disparu qu’à la vue de ceux qui ne sont plus à la bonne place pour les voir émettre leurs signaux lumineux. »

Dans cette exposition, les artistes révèlent ces lueurs dans des perspectives historiques et internationales. Iels évoquent des récits nourris par notre rapport au monde, notre résistance face à sa violence, nos capacités à communiquer et à se comprendre. Dès l’extérieur du Centre culturel, des mots-lucioles nous accueillent discrètement (Sonia Saroya et Edouard Sufrin). Ils nous guident vers des oeuvres où l’histoire politique et sociale états-unienne (Russell Perkins, Émilie Pitoiset, Romuald Jandolo) résonne avec les luttes révolutionnaires au Nicaragua et en Colombie (Daniel Otero Torres). Comme dans une danse, les corps se soulèvent dans un mouvement à la fois puissant et vulnérable. Certain·es protagonistes réclament la parole pour contester le récit dans lequel iels sont assigné·es, détournant le scénario d’un spot publicitaire (Rozy Tergemina Sapelkine) ou d’un clip MTV (Lou Fauroux). D’autres, sans voix ni visage, transforment des feux d’artifice en signaux de détresse pour communiquer leur existence (Andréa Spartà). Leurs étincelles luisent dans la nuit, faisant écho à une foule de pupilles scintillantes et de battements d’ailes (Anne-Charlotte Finel).

Les oreilles bourdonnant d’une rumeur sourde, les visiteur·ses traversent un espace-temps suspendu, peuplé d’une assemblée mouvementée. Par la danse, la musique, la joie, la colère, les artistes tentent alors d’éclairer un espace d’écoute et de compréhension mutuelles, un interstice dans lequel nous pourrions « organiser le pessimisme », pour éviter d’y succomber.

Exposition du 3 octobre 2025 au 3 janvier 2026

Vernissage public : vendredi 3 octobre 2025, 17h-22h

Commissariat : Luca Avanzini, Thomas Maestro et Anna Milone

Espace culturel d’Anglemont
35 place Charles-de-Gaulle, 93260 Les Lilas
Métro ligne 11, Mairie des Lilas
Bus : lignes 105 et 125 / Velib

Horaires d’ouverture : Lun-ven 10h-22h Sam 10h-17h

Retrouvez tous les rendez-vous de l’exposition (visites, ateliers, projection, performances…) ICI