Accueil » Commune à la une » Protoxyde d’azote : une campagne pour prévenir des dangers
Selon les dernières données du Centre d’addictovigilance de Paris, l’âge moyen des usager·es est de 21 ans et 84 % sont majeur·es, dont des étudiant·es et des jeunes professionnel·les. Parmi ceux ayant déclaré des complications, ce sont les hommes qui sont les plus touchés (54 %), mais la part des femmes est passée à 46 % (contre 42% en 2024). Les cartouches sont en vente libre et servent notamment pour la cuisine ainsi qu’en médecine, comme anesthésiant. Les jeunes les utilisent pour gonfler un ballon dont ils inhalent ensuite l’air. « Les effets sont de courte durée, 2 à 3 minutes, relève Alice Hammoud, directrice du Centre municipal de santé des Lilas : sensation de flottement, de dissociation, réduction de l’anxiété, désinhibition, sentiment euphorique, rires incontrôlables, voix plus grave ». Une consommation vue comme récréative et désinhibante. Ceci d’autant plus que l’on trouve de nombreuses sollicitations sur Internet avec un véritable marketing des cartouches de protoxyde d’azote, un packaging coloré, têtes de clowns et grands sourires à l’appui.
« Le protoxyde d’azote est interdit à la vente pour les mineur·s, explique Yazid Hamouna, éducateur de quartiers, mais il est facile de s’en procurer sur Internet. Il n’y a pas de profil type de consommateur·rice, mais l’usage est souvent récréatif voire festif, en groupe, pour passer un bon moment. Une consommation occasionnelle très dangereuse notamment quand les personnes prennent le volant. Et les jeunes ne ressentent pas l’effet addictif qui, pourtant, peut être réel ».
La prise occasionnelle n’est en effet pas sans risque : vertiges, étourdissements, hypoxie et perte de connaissance car le manque d’oxygène peut causer des convulsions, arrêt respiratoire, brûlure par le froid… En cas de prise massives ou régulière, les troubles peuvent devenir chroniques ou irréversibles : fourmillements, perte d’équilibre, difficultés motrices, complications vasculaires (AVC, embolie pulmonaire), complications psychiatriques (anxiété, dépression) ou cognitives, addiction et perte de contrôle menant à une consommation compulsive.
La Ville a décliné une série d’affiches avec le slogan « Le proto t’éclate, pour de vrai ! » portant sur chacun des risques majeurs pour les consommateur·rices. Une campagne qui veut responsabiliser celles et ceux qui seraient tentées par ce produit en montrant clairement les effets que son absorption peut entraîner. Aux Lilas, la détention, l’usage et l’abandon de cartouches de protoxyde d’azote dans l’espace public sont interdits. En cas d’infraction, les cartouches peuvent être confisquées et des poursuites engagées.