Accueil » Centre culturel à la une » Les Clés de la maison
C’est parce que les souvenirs des anciennes demeures sont revécus comme des rêveries que les demeures du passé sont en nous impérissables.
Gaston Bachelard
Comment et à qui confier les clés de nos histoires ?
Le Centre culturel Jean-Cocteau ouvre le jeudi 1er octobre La Saison des*toiles, un cycle de quatre expositions et une résidence autour des notions de transmission, d’amitié et d’alliance. Son premier chapitre, Les Clés de la maison, réunit les œuvres de dix artistes qui tissent dans leur travail des stratégies collectives contre l’oubli.
Les maisons sont des réceptacles remplis de présences du passé et du présent. De la cave au grenier, les murs, les sols, les charpentes craquent sous leurs poids, comme si la maison fatiguait de porter une charge si imposante. Les maisons se souviennent, c’est ce qu’elles ont en commun avec les personnes qui y habitent ou les traversent. En confier les clés, c’est se détacher de ce qu’il y a de plus intime pour le partager avec celles et ceux en qui l’on a confiance. Ainsi, les affects et souvenirs les plus précieux, parfois les plus secrets ou douloureux, passent à d’autres. Parfois la mémoire nous fait défaut et la détresse s’installe, comme s’il était impossible de rentrer chez soi. Pour l’éviter, il peut être utile de réaliser un doublon du trousseau pour le confier à des complices qui deviennent les récipients sensibles de ce qu’il ne faut pas laisser s’évanouir.
Cette exposition transforme l’hôtel d’Anglemont, ancienne maison lilasienne devenue Centre culturel, en l’abri d’histoires fragiles, parfois tendres ou plus difficiles à recevoir. Elles ont été confiées à des artistes pour ne pas disparaître. Chaque œuvre est une clé nous permettant d’y accéder pour relier le passé à l’avenir et dessiner des lignes d’horizon communes.
Des discrètes sphères lumineuses accrochées à l’extérieur du bâtiment (Camille Brée), témoins silencieux de la vie du lieu, aux enseignes lumineuses posées sur des façades de maisons de poupée (Arash Nassiri), le Centre culturel semble en état de veille. Une clé-volante, mi-monstre, mi-papillon (Lou Aprosio Cazau), est la gardienne de la mémoire des murs, une maison suspendue où la bibliothèque, tombée au sol, est devenue une plateforme-refuge pour les visiteur·ses. Les maisons, comme les individus, sont complexes, composées de multiples pièces qui semblent se fondre les unes dans les autres (Matis Jesu Jobert). Parfois, la maison est pleine de souvenirs qui, s’échappant par ses failles, doivent être patiemment archivés (Paul Heintz). Mais étrangement, les demeures peuvent aussi écraser le souvenir de celles et ceux qui les ont bâties (Ernest Pignon-Ernest) et les repousser dans les placards de l’Histoire (Lê Hoàng-Nguyên). Alors, quand les murs se resserrent et leurs poids est trop lourd à porter, il est bon de trouver des allié·es pour percer des nouvelles ouvertures et sortir de la poussière (Léonie My Linh Campion). Enfin, quand il nous arrive de tourner en rond, c’est en regardant à travers la vitre que l’on peut lutter contre l’isolement et réaliser qu’habiter à plusieurs peut rendre la vie plus douce (Ora Yermia). Et si cela ne suffit pas, il peut être bon d’enjamber la fenêtre, de mettre la maison sur son dos et de la remplir à nouveau avec ce qui habite le monde autour (Mathieu Sauvat).
La saison des*toiles
Saison des toiles ou saison d’étoiles ? La nouvelle saison d’art contemporain du Centre culturel Jean-Cocteau propose un parcours de quatre expositions collectives et d’une résidence de création autour des notions de transmission et d’alliance. Chaque chapitre tisse un réseau de récits qui relie les passés aux présents, dessinant des nouvelles constellations. Les toiles comme les étoiles scintillent et chatouillent les imaginaires, elles invitent à prêter attention à ce qui se passe dans les recoins et à lever les yeux au-dessus de nos têtes. Une édition réunira l’ensemble des archives des expositions et des programmes publics. Le graphisme de ce catalogue, comme celui de la saison, est réalisé par les artistes Salomé Lahoche et Manon Dupeyrat.
Vernissage public le 17 juin de 14h à 21h
Espace culturel d’Anglemont
35 place Charles-de-Gaulle, 93260 Les Lilas
Métro ligne 11, Mairie des Lilas
Bus : lignes 105 et 125 / Velib
Horaires d’ouverture : Lun-ven 10h-22h Sam 10h-17h
Retrouvez tous les rendez-vous de l’exposition (visites, ateliers…) ICI
Communiqué de presse